Effeuille mes rêves

Une fin, un départ... mais littéralement ?

L’hésitation est mon pire fléau, celui qui finira par avoir l'enveloppe protectrice de l’ensemble de mon corps*.

Le pire de mes fléaux EN PLUS de l’auto-dépréciation, cela va sans dire. Mais c’est encore une autre histoire.

Le 8 novembre, j’ai prévu de clore ce journal. Cette auto-biographie subjective complètement décousue qui a eu un impact incroyable sur ma vie ; par le biais de ma façon de penser. C’est ça que fait un journal intime, sur du long-terme. Il m’a appris le contrôle - partiel mais toujours améliorable - de mes émotions. Mais alors un journal intime en ligne.. son pouvoir d’action est décuplé. Uniquement sur du (très) long-terme, là encore.

Qu’est-ce qu’il se passe le 8 novembre ? Eh bien c’est l’anniversaire d’Alain Delon et l’élection du président américain - non je plaisante bien sûr la date est choisie purement arbitrairement et sans aucun lien extérieur. Mis à part le fait que j’en aurai fini à vie avec l’école.

Je doute qu’on en parle aux infos, mais ça se fête !

J’avais l’intention claire d’ouvrir un autre journal. Il été prévu que je fasse un pont discret avec celui-là, pour rester accordée à mon passé tout en tournant une nouvelle page si on peut dire (en entamant un nouveau livre plutôt).
Hormis le nouveau pseudo, les choses sont plutôt claires dans ma tête. L’ennui, c’est que je reviens lentement sur ma décision. Quels étaient mes objectifs quand je suis arrivée sur JI ? Bon, ok, je n’en avais aucun à proprement parler. Je ne les ai découvert que des années plus tard, mais quand ils sont apparus ils ont été précis : je voulais changer. Pourquoi ? Suis malheureuse et je sens que quelque chose n’est pas ce qu’il devrait. Pour devenir... ? J’en sais rien. Comment ? Oh bah là tu pousses les questions trop loin !

Je n’y croyais qu’à moitié, mais ça pour changer on peut dire que j’ai changé.

Mes tendances excessives sont toujours là, notamment les merveilleux circuits neuronaux renforcés depuis des années qui me donnent le réflexe - presque comme un super-pouvoir ironique - d’angoisser et de m’auto-flageller pour des choses improbables ("La lune est rouuuuuuuuge ! Dans les films ça représente le sang, alors pour moi c’est la fiiiiiiin je vais aller en prison vasavoirpourquoi et j’y pleurerai du sang !").
Mais. Je gère beaucoup mieux.
L’avenir, pleinement indépendante, ne m’effraie plus. Oui : quitte à ne rien connaître d’autre que le célibat. Avec un métier qui me plaît et des passions pépères à côté. Rien de plus. Je pourrais le faire et être heureuse. C’est plus ou moins mon projet de vie, d’ailleurs, je ne sais pas si je peux dire que je me suis résignée ou que je suis en paix.

Du coup, assumer ma vie, signifie devenir mature émotionnellement parlant. Et donc peut-être ne plus donner raison à ces penchants moroses qui m’ont poussée à venir écrire ici, quand j’étais encore entièrement soumise à mes peurs et aux fluctuations extérieures (je le serai toujours un peu, mais bon quand même là c’est largement viable).

Je ne sais pas. Et puisque cette hésitation n’est pas nouvelle (plusieurs écrits en témoignent), je me dis que je devrais choisir de ne plus lui donner lieu d’être.
De gérer ma vie, mes émotions, seule, désormais. Sans support Internet. Juste de l’écrit papier et mes idées/personnalité/choix/etc.

Bon c’est dans un mois et il peut se passer plein de choses d’ici là. Oui… Et je dois grandir. Dans le sens aller de l’avant. Me détacher de toutes les personnes toxiques de mon entourage implique que je me détache de celle que j’ai été autrefois, celle qui entretenait (même sans le savoir) sa souffrance.

Nous verrons.

    * Je ne voulais pas écrire "peau", ça rime ; et les rimes c’est quelque chose de trop important pour une banalité de ce genre.