Effeuille mes rêves

Une perte et un gain

J’ai paumé mon journal intime manuscrit !

Branle-bas de combat. J’ai fouillé ma chambre mais pas le studio… il est peut-être encore là-bas. Sinon - et bien sûr là je prends conscience que je psychose totalement - il reste deux options :

1) Ma mère l’a récupéré et ne me l’a pas rendu. Ce qui est impossible. Elle en tient un aussi et c’est un pacte muet entre nous : personne n’empiète sur le jardin privé de l’autre. Mais surtout : sa propre mère lui a fait le coup quand elle était gamine et elle n’a pas mais alors pas du tout apprécié.
Elle m’a toujours juré qu’elle ne me ferait pas ça. Et c’est pas le genre à raconter des conneries, ma mère (bon ok sauf pour le Père Noël).
Euh, ça va, vous croyez pas au Père Noël hein ?
Bon euh hum ! Option suivante.

2) La gérante de mon studio est entrée et sur une impulsion que je n’explique pas l’a piqué...
Ok, j’avoue que c’est tiré par les cheveux, mais c’est une véritable possibilité ! Je sais qu’elle entre régulièrement dans les chambres - pour faire visiter en fin d’année, pour vérifier que les étudiants débauchés que nous sommes ne causons pas d’irrémédiables dommages, pour changer les ampoules ou régler les petits soucis signalés… Bref, c’est normal et professionnel, mais l’idée m’a quand même toujours franchement perturbée.
Imaginez que la personne soit aux toilettes quoi… ou sous la douche. Elle tape juste et elle rentre, je l’ai vue faire quand je suis venue pour visiter j’invente rien ! Ça m’a traumatisée.

Il ne m’est pas indispensable, ce journal, puisque que je n’écris dedans que quand écrire ici ne me suffit pas.
Mais quand même.
C’est une part de moi qui théoriquement peut se trouver à l’heure actuelle n’importe où dans l’univers puisqu’elle n’est pas en sécurité avec moi. Ce journal-ci c’est différent : si un jour je me sens en danger, je peux tout effacer et passer ma vie à nier (ce qui est, vous l’aurez de suite compris, d’un courage effronté), le tout en un clic faisable de n’importe quel ordinateur.

Mouais. Bon, je fouillerai le studio et je vais le retrouver, y’a aucune raison que ce journal se soit volatilisé comme ça.
C’est celui que j’avais utilisé au début de ma dépression, en plus. Donc il est rempli de pleurnicheries, comme celui-ci, ce qui fait que je n’y tiens pas plus que ça mais je le garde quand même pour me souvenir, plus tard, que j’ai réussi d’une manière ou d’une autre à traverser ça.

Hier je suis allée chez ma psy, sinon.
C’était incroyable. J’ai toute la matinée cherché comment je pourrais retranscrire l’émotion que j’avais ressenti pendant et après la séance, mais c’est tout bonnement impossible. Y’a pas de mots. Je peux juste dire que j’allais bien. Mais genre vraiment bien : pas "bien" dans le sens j’ai envie de sauter de partout en riant comme une malade parce que wow tout d’un coup j’ai une patate d’enfer, non, "bien" dans le sens où j’avais (j’ai toujours d’ailleurs) trouvé un sens à mon existence, où je sentais que je progressais, que j’étais sur la bonne voie. Je suis sur la bonne voie, si ça franchement c’est pas un scoop !
J’ai vu tout ce que j’avais accompli jusqu’à présent. C’est faramineux comme changement. Ça ne se voit pas forcément ici parce que les mots de la joie, les mots de la *** (je n’arrive toujours pas à dire ce que c’est mais vous voyez l’esprit peut-être - même si "joie" n’est pas à 100% approprié), je ne les ai pas. Ici, je n’écris pas vraiment régulièrement non plus, seules mes peines récurrentes pour les exorciser.
La paranoïa et la malveillance passée de certaines personnes sur ce site m’empêchent de vous donner le reste.
Bref, hier donc, j’ai appris que j’avais de la volonté. De la vraie volonté ! Que ça n’était pas du tout ce que je croyais en fait. Que, finalement, "quand on veut on peut" ne m’est peut-être pas si étranger que ça (même si ce que je voulais en l’ocurrence, que les choses aillent plus vite, était hors de portée, mais elles se faisaient quand même et à l’époque je n’avais pas réalisé cela).

Je ne sais pas si je suis très claire dans ce que je raconte. C’est pas facile d’expliquer ce que je ressens.
J’ai trouvé un nouveau souffle spirituel. Alors bon je sais que je suis loin d’être la personne la plus intelligente ou spirituelle de ce monde, tout ça, mais quand je parlais auparavant d’un manque à combler, d’un vide corrosif en moi… eh bien c’est cela qui me manquait. La foi.
Je ne parle pas forcément de Dieu et tout. Je me livre de mon mieux, là, c’est sérieux, c’est un truc tellement intime… Je sais pas pourquoi je le crie sur Internet - c’est franchement pas malin de ma part j’avoue. Mais je veux garder une trace de ça, je veux pouvoir y revenir quand ça n’ira pas, parce que fatalement le doute reviendra.

Bon, j’vais boire du thé. Il faut que je me rende en ville, tout à l’heure, c’est impératif. Faut pas que je laisse passer ce… ce truc nouveau qui me promet tant de belles choses.

Enfin, si mon frère accepte de me rendre ma voiture cinq minutes.