Effeuille mes rêves

Va

La première version de mon mémoire vient d’être envoyée.

Et puis zut.

Quand t’essaies de tout bien faire, tu te reçois une pression telle qu’elle te vole d’un coup (et en ricanant méchamment) dix ans de ton espérance de vie ; et quand tu ne fous rien… ça passe tout seul ! T’as une vraie vie, t’es un génie et ouh que c’est trop bien d’avoir la vingtaine.

(Mais comment... ?  ?  ? !)

Alors je ne veux plus - JE NE VEUX PLUS - en entendre parler pendant au moins une semaine. DEUX SEMAINES, même !

Je ne parlerai plus à personne de mon absence de projets post-diplôme. Je suis même tentée de ne plus parler à personne pendant les quatre prochains mois. Je pourrais exploser en sanglots à tout moment. Mais non, faut parler un minimum pour interagir.

Une chose à la fois. Le mémoire est en voie de finition. C’est mieux qu’il y a deux mois où je n’avais quasiment rien fait. Et en plus, j’ai la chance de devoir travailler sur une version simplifiée…

Mais bref, qu’est-ce que j’ai dit ? Je n’en parle plus.

J’ai des crampes à la tête rien qu’en y repensant. Oui, c’est possible.

Avoir ce diplôme, c’est une étape colossale dans l’histoire de mon existence. La concrétisation de QUATORZE ANS DOULOUREUX d’études et de sacrifices (je compte à partir du collège, où mes symptômes dépressifs ont commencé à se manifester).
Alors je ne sais pas ce qu’il y aura après ce virage de l’extrême qui se profile sur mon chemin… Mais j’espère vraiment que c’est quelque chose de mieux !

De mieux ! De mieux ! De mieux ! Écho !

Je sais qu’il y aura les impôts, la réorganisation permanente, l’incertitude, la probabilité équivalente de trouver un bon ou un mauvais boulot, le saut acrobatique sans filet, etc etc… Ok.
La liberté totale cheveux dans le vent où l’on court dans les rues en agitant les bras en l’air, en chantant du Tryo et où on ne se fait pas attaquer pour massacrage-d’oreille-sur-la-voie-publique, je n’y crois plus ; et la vie reste chouette malgré tout.

Mais l’école ? ! Plus. Jamais. Ça.

Plus comme ça, tout du moins. Après, je ne peux pas regretter d’être allée à l’école, collège, lycée et compagnie. C’est nécessaire. C’est vital, quelque part. Et ça ne se passe pas mal pour tout le monde. Et y’en a pour qui ça se passe mal, mais qui adorent leurs années d’étude supérieures par la suite.

Mais bon. J’ai donné.

Et rien à voir, mais j’ai eu une autre idée de métier-qui-peut-sauver-la-France. Ça concerne les retraités. Et si les travailleurs hyperactifs qui n’ont pas le temps d’acheter de bons produits et de cuisiner payaient des retraités pour le faire pour eux ?
Pour aller sur les marchés, acheter des fruits et des légumes sains, et faire de petits plats qu’ils pourraient emmener sur leur lieu de travail ? Les travailleurs mangeraient enfin correctement (j’ai lu un article qui disait que ça n’était en réalité pas plus cher de faire ainsi, que c’était bien meilleur pour la santé mais que oui ça demande du temps) et les retraités complèteraient leurs revenus ?

Bon, bien sûr, je sais qu’il doit y avoir une objection quelque part.

C’est pas moi qui vais réinventer le système…

J’vais aller serrer un livre contre mon cœur et lui promettre que je ne quitterai plus jamais mon lit pour pouvoir le lire lui et ses frères. Je le préviendrai quand même que ce n’est pas une promesse réalisable mais qu’elle me fait du bien, parce que je me sentirais trop mal de lui mentir délibérément.