Effeuille mes rêves

Vendredi 08 juin

Les retrouvailles avec Cléo se sont bien passées !
Elle a proposé qu’on se revoie un de ces jours. C’est bon signe, elle doit encore m’apprécier au moins un peu, alors, non ?
J’ai pas été "au top", pourtant, ça c’est sûr. Mais je l’accepte. Je parlais pas énormément… je lançais rarement la conversation ; en revanche je faisais de mon mieux pour la soutenir. Et je l’écoutais. Heureusement qu’elle est pas comme moi et qu’elle sait papoter ! Je n’avais pas besoin de me forcer du coup, c’était naturel.
Elle m’a faite halluciner, n’empêche. Elle se souvenait de pleiiins pleins de trucs ! ! Genre on parlait du Bac à un moment, et elle était capable de se rappeller des sujets qu’elle avait eu au Bac blanc et tout… Moi je me souviens même plus de mon TP de SVT !!
'Fin bon. Ma psy m’avait dit de, quoi qu’il arrive, ne surtout pas me comparer. Alors la petite voix qui me dit "Pouah, mais t’as vu dans quel état est ta mémoire ? ? Comment tu vas arriver à bosser à la rentrée ?", je l’envoie ch!er.

Je suis allée courir ce matin encore. Mais j’ai pas fait un tour complet. En fait, je m’aperçois que je régresse… Mes jambes font le yoyo : une ou deux fois, elles me portent sur un tour, une ou deux fois elles s’arrêtent un peu avant, mais jamais je ne fais de réels progrès. Jamais je n’avance plus que ça.
C’est un peu déprimant, comme constat.
J’en parlerai à mon père. Il aura peut-être des conseils ?

Je suis un peu inquiète. Je n’ai plus d’énergie. Plus du tout ! En me levant, j’ai senti que j’étais un peu fatiguée, et depuis que je suis rentrée… je n’ai rien fait.
J’ai lancé une machine à laver. Je vais aller faire la vaiselle, là. Mais vraiment en me poussant très fort ! Je comprends pas ce qui m’arrive. Mais d’un autre côté, je sens que c’est plus de la "bonne fatigue" qu’autre chose ; c’est de la fatigue qui me permet de dormir le soir. Donc c’est pas si grave.

Sonny m’énerve. Ses textos m’agacent, en fait, pas vraiment elle. Je sais pas comment le dire… Je crois que je suis un peu jalouse, en fait. Elle m’a annoncé qu’elle partait à Dublin quelques jours avec une amie à elle ; ma première réaction ça a été de râler (mais pas auprès d’elle, je voulais pas gâcher son bonheur !) parce qu’elle disait juste avant qu’elle avait pas beaucoup de sous pour aller à Disney. Mais je me suis immédiatemment reprise et dit qu’elle savait gérer son budget et que si elle le faisait c’est qu’elle pouvait. Par contre, ce petit pincement au coeur est resté.
Probablement parce que j’aimerais de tout mon coeur voyager moi aussi. Mais je n’en ai pas le courage, au fond. C’est sûr qu’il y a une barrière financière, et que personne ne pourrait partir avec moi, mais… si on creuse un peu plus, on doit trouver un gros manque de courage également.
Ça me défrise.
Je sais que c’est pas sa faute, à Sonny. J’ai toujours admiré son côté aventurière : quand on était plus jeune, elle faisait un séjour linguistique par an ! J’ai jamais eu le cran de le faire moi aussi.
Et pourtant, j’ai comme rêve de faire le tour du monde un jour ! Je crois que j’envie Sonny parce que je sais qu’elle pourra le faire, elle, si elle le veut. Moi peut-être pas.
Et puis je culpabilise toujours en pensant à Sonny. Je me dis qu’à chaque fois que je la revois, je me comporte en larve loqueteuse et qu’elle doit avoir une image terrible de moi… Une image de molle. Une image d’une fille qui se laisse aller et ne se bat jamais. Je ne l’écris pas toujours sur mon journal, je "cache les preuves" mais je sais, moi, que je me bats.
J’aimerais qu’elle le sache, elle aussi… Mais elle me croit pas quand je lui dit.

Enfin bref, on pourrait croire qu’aujourd’hui je n’ai pas le moral mais c’est pas vrai, hein !
Je suis juste fatiguée. Faut tout de même que je bouge mes fesses pour finir de m’occuper de la maison, faire de la guitare, réviser un peu… et tout ça avant le cours de chant !

(J’ai aucuuune idée du titre que je vais donner à cette entrée !)