Effeuille mes rêves

Georges Colleuil

C’est enfin fini !

Plus d’exam.

Comme chaque année, il me faut un petit temps d’adaptation pour pouvoir me rendre compte que je peux faire ce que je veux, au moins pendant un bon gros mois. Pas de révision. Le midi, je peux déjeuner tranquille et ne surtout pas me casser la tête à faire un programme et à essayer de trouver la motivation et la force pour l’honorer.

J’suis libre.

Mais je suis tellement fatiguée que je ne réalise pas. Mais bon, j’ai le luxe de pouvoir me reposer, vraiment me reposer, alors j’ai le sourire aux lèvres toute la journée. Je n’en demandais pas plus. Y’a un seul moment dans l’année où je me dis que j’ai de la chance d’être étudiante - contrairement à ceux qui ont un boulot je veux dire - et c’est celui-là : l’arrivée des grandes vacances.
Parce que comme je l’ai dit, le premier mois c’est le seul de l’année où je ne bosse plus du tout.

Il y a plein de soirées en rapport avec l’école en ce moment qui sont organisées, un peu partout. Mais vraiment c’est au-dessus de mes forces ! C’est juste pas possible. Ça serait bien, oui, je suis d’accord. Faudrait faire un effort, c’est TOUT À FAIT ÇA.

Maiiiis non.

Je dis pas que je ne vais voir personne pendant les vacances, hein, pas du tout, mais les soirées post-exams je comprendrai jamais comment ça peut exister tellement perso je suis vidée de tout une fois que j’ai fini les miens. J’sais pas d’où les gens tirent leur courage pour avoir autant d’énergie pour faire la fête juste après ! J’suis dans le pâté total.

J’ai un vague morceau de conscience qui flotte et qui me dit que c’est pas bien d’éviter tous les évènements comme ça à cause de la fatigue… mais le reste lui dit proprement d’aller se faire voir. Fin du débat.

Faut que je déménage encore. J’ai trois jours. Mais bon ça devrait aller. Ce qui m’ennuie, c’est qu’après je dois emmener ma voiture chez le garagiste, et je vois pas encore très bien comment je vais me débrouiller. Du mal à réfléchir (même si j’arrête pas de bouger, je sais pas comment dire ça, je sors pour des courses etc mais je suis à moitié consciente de ce que je fais).

C’est ça : tout est dans le brouillard pour l’instant. Je me suis tellement investie toute l’année dans mes études que maintenant que je peux faire autre chose, j’arrive pas à me rappeler ce que c’est, la vie réelle. J’ai vraiment un gros souci avec ça.

Mais pleaaaaaaaaase, cerveau, c’est pas le moment de m’embêter avec ça.

J’ai un bon feeling pour cette année. Je me rappelle avoir flipper à mort l’année dernière parce que j’avais l’intuition presque prémonitoire que les choses allaient mal se passer… Je m’étais dit que fallait avoir de l’espoir, mais au final vu les rechutes que je me suis prises dans le nez ; c’était atroce et je ne peux pas le nier.

MAIS cette année, j’espère vraiment que ça sera différent !  !  ! J’y crois.

Je m’attends à avoir beaucoup de doutes sur… à peu près tout. Mais sinon pour tout le reste je suis plutôt confiante. J’ai l’impression d’avoir franchi un cap !

J’ai fait un drôle de rêve l’autre jour. J’ai rêvé que le président (je me rappelle plus si dans mon rêve c’était réellement l’actuel comme dans la vraie vie ou pas mais bon faut dire que je m’en fous donc peu importe) me recevait à l’Élysée pour me remettre une médaille, un truc comme ça, un prix Nobel ou je sais pas quoi de très hautement distinctif. Je sais plus ce que j’avais fait exactement… Je crois que j’avais neutralisé un groupe de terroristes… En leur chantant des chanson de méchants de Disney. Il me semble.

Mais genre super premier degrès !  !  !

Genre la chanson de Scar dans "le Roi Lion". En mode "c’est moi le cerveau du groupe, et mes fidèles sous-fifres m’obéissent et je gouverne un peu tout le monde beaucoup comme je veux". D’ailleurs le président il était pas rassuré. Il avait raison. Je me souviens qu’un jour, au collège, j’avais fait un test débile sur Internet (je m’ennuyais sûrement un peu) qui disait que j’avais la façon de penser d’un génie du crime. Il avait l’air de le savoir.

Oh il faudra ABSOLUMENT que je raconte un jour qui j’idolâtrais quand j’étais au lycée ! (Les paris sont lancés, mais vous devinerez jamais !).

Je bugue encore sur ces histoires de soirée. J’ai vraiment pas envie d’y aller. Mais chaque année je me demande pourquoi je n’ai jamais envie d’agir comme "quelqu’un de normal". C’est préoccupant. Est-ce que j’ai vraiment des goûts si différents - pour des trucs aussi communs, que tout le monde est censé aimer (= faire la fête en l’occurrence) - ou est-ce que c’est moi qui m’en persuade ?

J’ai jamais rencontré quelqu’un qui n’aimait pas faire la fête et danser. J’ai horreur de danser. Je ne sais pas faire.

Donc bon, je comprends pas toujours de quelle matière je suis faite. MAIS PASSONS. Chaque année je me prends la tête sur ce sujet, cette fois il en est hors de question !

Il faut juste que je partage ce poème que je viens de trouver dans un livre de tarot. Il est magnifique.

    Le pendu

    Quand la brume s’approche et s’empare de moi

    Plutôt que de me pendre ou me laisser mourir

    J’accroche mon regard au grain de mimosa

    Et je respire, je respire, je respire.

    Quand la pluie s’amoncelle sous mes paupières closes

    Plutôt que de me pendre ou de tous les maudire

    J’accroche mes narines aux essences de roses

    Et je respire, je respire, je respire.

    Quand la tourmente arrive et s’arrime à ma tête

    Plutôt que de me pendre ou vivre sans plaisir

    J’accroche mon sourire au parterre de violettes

    Et je respire, je respire, je respire.

    Quand la vague déferle de mon ventre à mon cœur

    Plutôt que de me pendre et enfin d’en finir

    J’accroche mon étoile à la force des fleurs

    Et je respire, je respire, je respire.

    Georges Colleuil.