Effeuille mes rêves

Zombie

On est allés au marché ce matin.

Au milieu de tous ces gens qui s’interpellaient, riaient, et marchandaient, il y avait un zombie qui déambulait lentement, abruti par l’absence de bons sentiments.

Un zombie. Moi.

Le sport ne me fait absolument rien de bon. J’envie tous ces gens qui n’ont qu’à aller courir ou quoi pour oublier leur soucis, pour se vider la tête, ne serait-ce que quelques minutes. Moi ça gangrène à l’intérieur, ça ne me fait rien de bon ; ça ne me fait jamais rien de bon.

J’ai sincèrement envie de mourir.

Je n’ai jamais écrit ces mots avec autant de lucidité.

La vie, ce n’est tout simplement pas ce que j’ai, rendons-nous à l’évidence, j’aurais beau prétexter le contraire et me battre de toutes mes forces, si mes efforts avaient dû me libérer je n’en serais pas là où je suis depuis bien longtemps.
La mort que je porte en demeurant dans cette non-vie meurtrissante je voudrais la rendre. Elle fait mal. Elle souille. Elle est inhumaine. Sans joie et sans amour, sans bonne émotion, sans bonne étoile, sans rien de bon. Inhumaine. Comme moi.

Alors non : je n’en veux pas.

Tout ce que je fais, je le fais mal.
Tout ce que je ressens est pourri par la noirceur logée dans mon cœur, comme une balle.
Tout ce que je touche moisit, tout ce que je rêve se transforme en verre pillé qui me fait saigner l’intérieur de la tête.

J’ai envie de mourir. J’ai compris qu’il ne fallait pas que je passe à l’action, alors je ne ferai rien, mais je n’ai plus d’autre attente, ça par contre c’est sûr.

Je suis déjà à moitié morte. Je me languis que l’autre moitié m’achève dans un avenir proche.

C’est une situation intenable.

J’en peux plus.

Et pourtant la délivrance ne vient jamais.

Je ne rêve que de mort. Je ne suis plus que ça, après tout.