Effeuille mes rêves

... ou un ulcère

Je déteste.

Je suis en crise, en plein milieu d’une crise gigantesque, j’ai besoin d’écrire pour structurer ma pensée.

Mes pensées "sautent" comme des plombs : quand je suis en train d’en élaborer une ("Je suis en train d’élaborer une pensée"), une sensation de frétillement douloureux (car pour le coup TOTALEMENT étranger à moi, à ce que je suis) s’y infiltre et ça pète comme un pétard - un pétard qu’on se prendrait dans l’œil, un pétard qui explose là où je suis vraiment moi ; un explosif extrêmement ciblé et spécifique sur le truc qui habite mon corps, mon cerveau, et qui en annihile une partie. Ce sont ça mes sauts de pensées ("Je suis en tr..." *TAKPRFFFHH* *Néant...*).

Je ne sais pas ce que je déteste exactement et je m’en fiche. Je hais de me retrouver systématiquement dans cet état, alors que comme je l’ai écrit ce matin je fais des P.TINS d’efforts à chaque seconde de ma P.TIN d’existence !
J’ai tout fait depuis ce matin pour, dès que j’ai senti que ça montait, endiguer la chose. Mais ça ne fonctionne pas. En plein cours, je me suis mise à trembler comme une dingue, à avoir des semi-malaises, ma voix couinait à chaque fois qu’on me posait une question sur ledit cours (j’avais envie de hurler à m’en briser les cordes vocales, mais bien sûr je ne pouvais pas donc le conflit a donné ça, un couinement pathétique), je tombe, je fais tomber des trucs, mes yeux partent dans tous les sens (du coup écrire m’aide puisque je suis obligée de faire attention à regarder les fautes, choisir les mots, etc… mais ça ne part pas comme ça une crise non plus, si je devais la localiser je dirais qu’elle est dans mon système vasculaire, et nerveux, je la sens qui se coule sous ma peau).

Et je ne peux pas en parler. On me dit "C’est bon, on est tous stressés à cause de l’exam' de tout à l’heure, tu sais". C’est pas ça andouille… Je m’ouvre cérébralement les veines, là, tu vois pas ? ! Bien sûr que non. Je ne laisse rien paraître. Les gens croient beaucoup de choses, mais ça vraiment ils ne peuvent juste pas.
Et c’est pourquoi je ne peux pas en parler. Je vais quand même devoir me rendre à l’exam', dans cet état, dangereux puisque le stress des autres se combine au mien déjà combiné à une crise… Je sais même plus de quoi je suis capable, sérieusement. C’est pourquoi je ne vais pas au cours juste avant, et sans doute qu’après je me calerai quelque part pour me calmer.

Je ne sais pas ce qu’attend ce p.tin d’espoir de déclic de je-ne-sais-pas quoi pour venir - pas comme si j’en avais besoin MAINTENANT - mais je ne sais pas si je pourrai l’attendre toute ma vie. Un jour, je vais lâcher, je vais devenir méchante, aigrie, ne ferai plus le moindre effort pour personne : je vais me nécroser en moi-même. Parce que la dépression m’aura trop faite souffrir.

Ce n’est pas aujourd’hui. Je vais faire cette saleté d’exam' et je vais faire comme si de rien n’était. Je vais continuer à tirer sur le fil rouge de mes absences au risque que ça pète et me crée des problèmes.

Comme si je n’en avais pas déjà de toute manière… P.tin, mon cerveau chauffe, c’est hallucinant. J’entends un drôle de bruit qui accompagne mes petites pensées qui explosent, un "prrrrth" à consonance chaude mais de tonalité plutôt aiguë, enfin bref ON S’EN FOUT : je vais relire cet écrit pour enlever faute de frappe dues aux tremblements, manger un truc, m’asperger le visage d’eau et peut-être appeler quelqu’un… la psychologue que je voyais y’a un an ou deux par exemple. Essayer de prendre rendez-vous pour la semaine prochaine.

Je déteste ce qui me met dans cet état. Je déteste ce qui m’isole de ma vie. Et puis surtout qui m’isole des gens. Des gens qui à travers ce journal, je le sais, ne comprendront pas, des gens dans mon entourage qui comprennent encore moins et que je ne peux pas saouler avec mes problèmes au risque de les dégoûter de ma présence. Je déteste cette chose, je la déteste, la hais, la conspue.

Le déni ne m’a jamais rien apporté. Me taire ne résout rien : aussi atroce que cela soit, et encore les mots ne portent pas tout, c’est ainsi que je ressens les choses pour le moment. Le fait que ça ne dure pas tout le temps n’atténue jamais rien. Ça revient toujours.

Mes pensées continuent à sauter en hurlant de terreur et de détresse.